dimanche 10 octobre 2010

Eyebur Riahllup


Pullhair Rubeye est un album paru en 2007, sur lequel tout le monde s'est exprimé, que beaucoup ont critiqué et peu ont défendu... seulement allez, vous, vous faire chier à composer des chansons, les enregistrer, avant de décider de les foutre sur un disque mais en les passant à l'envers, et surtout, défendre le disque en question, et ses idées, face à une horde de fans largués et de gens de mauvaise foi ! Ceux qui râlent que c'est facile et que n'importe qui peut le faire, je leur répond juste: eux l'ont fait, et l'assument.

Pas mal de blogueurs ont comparé l'entreprise au Metal Machine Music de Lou Reed et au Zaireeka des Flaming Lips. Qui, en 2010, peut se targuer d'avoir écouté MMM en entier, et en prenant son pied ????? Personne. Qui, aujourd'hui, peut se vanter d'avoir réussi à aligner à la perfection les quatre bandes des huit chansons des quatre disques qui composent Zaireeka ? Personne ! Et pourtant, ça n'empêche pas les zikos de considérer ces pièces comme maîtresses dans l'avant-gardisme, et surtout dans la musique contemporaine ! Parce qu'il y a un concept fort qui justifie la manière.

Des idées qui sont passées par la tête de tout le monde (du moins, avant le 21e siècle): passer un 45tours en 33, pour se marrer d'une voix qui devient rauque et lente, ou le contraire, pour donner un côté disco à un morceau de hard-rock. Il y a même un tas de platines qui peuvent jouer les vinyles backwards. Mais si c'est marrant une fois, c'est pas la manière dont on écoute un disque. Tout simplement parce que ça n'a pas été voulu ainsi, ou qu'on trouve ça bizarre, ou évidemment, moins bien... Mais alors, quand on vous l'impose, pourquoi s'obstiner à ne pas vouloir écouter un disque fait pour être écouté à l'envers (et parfois, en accéléré) ?

Il était évident que les auditeurs essaieraient, au moins une fois, d'écouter Pullhair Rubeye en "version originale". Il s'avère aujourd'hui que la plupart des gens ne l'écoutent plus qu'ainsi ! Mais après tout, tant mieux ?! L'oeuvre n'appartient pas à l'auteur, elle est l'objet de la façon dont le spectateur se l'approprie. Il est logique que l'on cherche à écouter un album de manière familière, et non de manière inconfortable. Et si c'était l'objectif ? Pousser l'autre à fouiller le trésor derrière la poussière... c'est donc l'auditeur qui fait son choix, suivant son appropriation de la musique... Imaginez la profondeur que ça apporte. Car l'expérience en est complètement transformée, à tous niveaux. C'est une porte pour la musique, qui était là depuis toujours mais à laquelle on n'a jamais accordé d'importance: quand on achète un disque, en fait on en achète deux !
C'est fou !

Les critiques vis-à-vis de Pullhair Rubeye n'ont juste aucun recul; tout comme celles concernant les deux autres disques cités plus haut, en leur temps; concédons juste le temps nécessaire au public afin qu'il puisse affuter son jugement, comprendre l'oeuvre, et l'analyser. Parce que moi je vous le dis, ce truc, là, c'est un truc sacrément couillu, et magnifique. Et je parle bien de la version "de base". Et dans dix ans, on en parlera pas comme d'un coup fumeux, mais comme d'un disque important, original, aux facettes propres.

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